Sans doute que les noms de Betty Scarpino, Marilyn Campbell, Rolly Munro vous disent quelque chose. Ils font partie des 31 artisans tourneurs internationaux que l’ouvrage New Masters of Woodturning réuni et dont les réalisations sont présentées comme étant une continuité matérielle de chaque artiste. Il ne s’agit pas d’un livre dans lequel on trouvera des pas à pas, ou donnant de l’information technique sur l’outillage, mais plutôt des textes nous permettant de plonger dans l’univers artistique de nombreux tourneurs reconnus utilisant le tournage sur bois comme base afin d’arriver à exprimer leur créativité.

Les auteurs, Terry Martin et Kevin Wallace, soulignent que le tournage d’art sur bois est beaucoup plus accessible qu’il ne l’était dans les années 70 et 80. La venue d’Internet, des différentes associations grandissantes, des journées d’échange internationales et de la publication d’ouvrages sur le sujet a donné un coup d’envol au tournage et au développement d’idées franchissant le seuil de la pensée ancienne ou conservatrice voulant que le tournage serve à produire une pièce parfaitement ronde et utilitaire.

C’est dans cette optique que chaque artiste présente son lieu de travail (plutôt un lieu d’évasion et de création), ses sources d’inspiration, ses mentors et son cheminement en tournage, certaines techniques utilisées dans une forme de pur échange. On se rend rapidement compte que la plupart n’aspiraient pas à devenir reconnu sur le plan international, mais qu’ils ont tous commencé tout comme certains d’entre nous l’ont fait dans la découverte de cette discipline du travail du bois et qu’en étant à la bonne place et au bon moment en plus de raffiner leurs techniques et de partager ces dernières, ils ont su rehausser la qualité de leurs pièces et s’élever au rang de grand maître en tournage d’art.

Le livre est parfumé d’une pléthore d’images de très grande qualité qui agrémente la lecture très légère en termes de contenu. Les photos parlent d’elles-mêmes et impressionnent dans les moindres détails. Elles font rêver, et surtout, nous permettent d’alimenter notre imagination sans pour autant nous freiner dans notre progression, car il est de mise que les limites sont quasi infinies en tournage sur bois.

C’est un livre à savourer en sirotant un pot de café ou un bon verre de vin dans n’importe quel moment de détente convenable.

Bonne lecture,

Sébastien Hould Gagnon