Bonne année à tous!

Les émotions et les rêves comme sources de créativité

J’ai toujours eu envie de travailler la matière, je sais que j’aime le bois.  Mais pour approcher le bois, pour travailler le bois il faut un petit peu de technique. La première fois que j’ai vu un tourneur s’exécuter devant moi et me faire un bilboquet, j’ai su tout de suite que c’était ma matière, mon approche à moi à développer et explorer.  C’était comme un vrai coup de foudre!  Le bruit de la gouge m’a séduit et électrisé.  Je n’avais que ça en tête après la démonstration.  Et cette image dans ma mémoire ne m’a plus jamais quitté.

Et après avoir débuté à tourner, j’ai tout de suite senti que c’était ma place et qu’on peut arriver à une vrai souplesse d’expression, une vrai poésie.  Mais il faut creuser plus (sans jeux de mots) et au delà, pour que ça transparaisse dans nos créations.

La dimension de l’émotion c’est quelque chose qu’on retrouve quand on travaille sur une matière.  Pour la technique, il suffit d’un coup de maître de trop pour tout bousiller.  L’exigence c’est qu’il faut apprendre dans la maîtrise du geste mais aussi dans la maîtrise de l’émotion et puis savoir qu’au delà de la technique, il faut aller dans une expression qui va nous amener dans un domaine ou on rêve, énormément.  Où c’est le rêve qui vous tire vers une vie qui vous met au repos, qui vous amène vers quelque chose de zen, de reposant au delà de la réalité, au delà des difficultés de la vie.  Notre vie et nos expériences nous apprennent à exprimer ce que nous sommes ou à ressentir et l’urgence d’exprimer au plus près de ce qu’on a envie de dire de nos émotions.

Une belle pièce c’est justement quand on arrive sur un travail à exprimer ce qu’on ressent,  s’exprimer au plus près de ce qu’on a à dire, où la dimension de nos émotions et de nos rêves transparaissent.  Les gens qui regardent vos pièces le ressentent aussi, ne se posent pas la question, ça leur parle.  C’est le déclenchement d’une résonance et on arrive dans une dimension d’expression de beauté parce qu’on est au delà d’une réalité.

Voilà, après des heures et des heures (et des heures…) à l’atelier, vous réfléchissez à ce que vous avez envie de faire, sur les formes, les volumes, les couleurs et les textures et tout doucement dans le temps c’est là que tout s’installe, qu’on est dans son domaine.  C’est notre domaine personnel.  Notre signature en quelque sorte.  En parfaite symbiose avec soi-même.

 

Alors à vos gouges et à vos rêves!

On se voit à Saint-Basile-le-Grand en février!

 

Robert Richard