Dans le vol 4 # 1 (Janvier 2006) du Coup de Maître, M. Harvey nous mentionne qu’il n’a pas encore reçu d’articles ou autres de nous, amis du bois.

Vous pensez sûrement comme moi et vous vous dites que les autres ont des témoignages et trucs beaucoup plus intéressants que les miens et qu’ils ont sûrement une meilleure plume. Présentement, je me dis que même mes idées c’est mieux que rien recevoir du tout.

Voici un peu mon histoire :

Depuis que je suis très jeune, je m’intéresse au chef-d’oeuvrage «comme dit mon père». J’aime le bois, son odeur et sa polyvalence mais je ne fais rien avec, je regarde les autres seulement.

Un jour, dans une exposition, je rencontre par hasard Lance Archambault et je suis en émerveillement devant ses œuvres et presque devant l’homme lui-même. Un homme dynamique, plein d’entrain, d’humour et de connaissances, qui travaille merveilleusement bien et qui sait « vendre sa salade ».

Je reste devant lui plusieurs minutes à la regarder travailler et à l’écouter parler de son merveilleux passe-temps. On dirait qu’il en mange tellement il aime ça. Je ne suis pas difficile à convaincre, oui, c’est merveilleux!…. Mais je laisse quand même ça pour les autres.

Durant l’été qui suit, ça me revient souvent en pensée et je me motive en me répétant régulièrement « Si tu en as le désir, tu en as la capacité ». cette petite phrase est affichée à la tête de mon lit et je m’imagine en train de tourner.

L’année suivante, je retourne avec hâte à la même exposition et je me rends directement au kiosque de tournage ou je rencontre le même monsieur, aussi dynamique et jovial que l’année d’avant. Cette fois-ci il est fort plus convaincant et le 23 septembre 2004 je prends mon cour de tournage. Je ne suis pas habile du tout, je suis même peureuse et je manque d’assurance. Toutes mes années d’expériences à regarder faire les autres sans rien faire moi-même ne m’ont pas vraiment bien servies, je m’en rends compte maintenant.

Malgré tout, une ou deux semaines plus tard j’achète mon propre tour et par manque de bois, je tourne mon manche de moppe. Je suis bien fière de moi et reste très surprise des choses extraordinaires qu’il y avait de caché là dedans.

Le soir venu, j’ai hâte que la vaisselle et le ménage soient faits et je descends dans mon atelier « Tourlou » et je tourne à tous les jours. Je prends confiance en mes mouvements et en mes outils, tout va pour le mieux. Quelque temps plus tard, je dois laisser temporairement le tournage car je dois déménager mais par chance ma nouvelle maison a un beau cabanon avec l’électricité, ce qui deviendra éventuellement mon atelier «Tourlou ».

La première année, j’ai énormément de travaux à faire sur ma maison et je délaisse le tournage pour me consacrer à un autre sorte de chef-d’oeuvrage, la rénovation.

L’important pour moi c’est de ne pas perdre le goût du tournage, je bifurque dans mon atelier et je pars mon tour juste pour entendre le moteur, ensuite je retourne à mes travaux.

Bientôt le printemps va enfin arriver et je vais ouvrir toutes grandes les portes de mon atelier et je vous jure qu’il va y avoir une tempête de copeaux qui vont sortir de la’dans! J’ai tellement hâte de m’y remettre.

La revue, Le Coup de Maître m’aide à rester branchée sur ce que j’aime. Les articles me motivent et j’ai hâte d’essayer de nouvelles choses. Je sais que le tournage c’est toujours un recommencement.

Merci à toute l’équipe et pour moi, Coup de Maître veut dire Coup de Main et c’est ce que j’ai voulu faire en écrivant un simple article.

Comme vous le voyez, je n’ai aucun truc ou photo à vous montrer mais c’est une page complète de remerciements et de gratitude à des hommes comme monsieur Archambault et à notre président monsieur Harvey qui donnent énormément de leur temps à un organisme qui est en fait, aussi le vôtre.

Merci de vous impliquer vous aussi amis tourneurs et au plaisir de vous lire à votre «Tour».

Louise Gaudreault, Marieville

Membre # 410