Bonjour, En tant que nouveau membre, jamais je n’aurais crû qu’un jour je travaillerais le bois.
Quelqu’un me l’aurait dit et je l’aurais envoyé promener. Mon conjoint Daniel,
qui travaille le bois depuis plus de trente ans, n’aurait jamais pensé qu’un jour
il verrait son espace envahi, alors que je n’y mettais les pieds que pour l’aider au
besoin ou pour le déranger. Il aura fallu qu’à la fin de l’été 2015, Daniel m’amène
visiter le magnifique coin de la Bostonnais et me fasse rencontrer Marc-André Bélanger
et sa conjointe Francine, lesquels de par leur gentillesse ont pris de leur temps pour
m’initier au tournage et m’en donner la piqûre. J’ai appris ce jour-là à faire une
superbe toupie toute délicate et comment fabriquer un stylo. Il n’en fallut pas moins
pour revenir à la maison tout excitée comme une enfant. Puis une visite chez Luc et
Mario où j’ai pu contempler des merveilles. Le lendemain, je m’installais sur un tour
de fortune aussi vieux que Mathusalem, rien de comparable à celui de Marc-André
sur lequel j’ai fait mon initiation. Petite déception mais il faut commencer quelque part.
Pas question d’investir sans savoir si j’aimerais assez ça pour continuer.
Les couteaux, parlons-en de vieux couteaux des années 70 à moitié aiguisés.
Daniel ne possédait pas les outils nécessaires pour de bons aiguisages (problème de
réglé depuis). Donc, Daniel les a aiguisés du mieux qu’il pouvait. J’essayais d’y aller
ne serait-ce qu’une heure par jour quand je le pouvais, mais comme je m’étais engagée
bénévolement à faire le livre du centenaire de notre municipalité, et que cela prenait
une très grosse partie de mon temps, il y avait des jours où il m’était impossible
d’aller tourner, mon collègue et moi travaillant pratiquement du lever au coucher
sur ce livre. Défi que je m’étais lancé après avoir travaillé 26 ans au Journal de
Montréal.

En novembre 2015, j’ai commencé plus assidûment à fréquenter l’atelier.
Malgré ses occupations, et voyant que j’était vraiment intéressée, persistant malgré
les embûches rencontrées, Daniel prenait du temps pour me guider. Il prenait le
temps de me rafraîchir la mémoire, sur le cours de prudence que Marc-André m’avait
donné. Talonne, talonne me disait-il chaque fois. Et la toupie faite avec Marc-André
était bien loin. Donc, retour à la case départ. J’essayais de pratiquer tous les jours,
mais le livre prenait plus de temps que nous ne l’avions prévu et certains jours,
il m’était impossible de tourner. Deux jours sans tourner et mon cerveau avait oublié.
Il fallait tout recommencer.

Le livre terminé, ce n’est qu’à la mi-mars 2016 que j’ai vraiment commencé.
Je me suis inscrite sur le forum de l’ATBQ sous le nom de Le Raton Bricoleur et j’ai
demandé quelques renseignements.

Puis, en février nous assistions à la toute première rencontre de l’année de l’Association.
J’avais appris dans les mois précédents à faire des formes, pas toujours convaincantes,
mais bon c’était mon apprentissage.
Puis, j’ai commencé à faire des boules qui ne ressemblaient pas à des boules,
mais plutôt à des ballons de football. Tout allait bien jusqu’au jour où Daniel m’a
demandé de faire un bonhomme de neige. La panique! Il a fait un bonhomme de neige
devant moi et ça semblait si facile… Malgré le fait que je le regardais attentivement,
je n’arrive pas à visualiser dans ma tête et à enregistrer les mouvements.
Je paniquais lorsqu’il fallait présenter la gouge pour arrondir la tête sous le chapeau.
Je plantais tout le temps et je faisais un saut de crapaud à chaque fois.
L’enfer quoi! Et que dire du corps du bonhomme; il devait avoir un ventre bien rond
et je me retrouvais avec un ventre abaissé. Daniel (il a été très patient par moment),
prenait le temps de regarder ce que je faisais, de corriger mes erreurs,
mais le cerveau n’enregistrait tout simplement pas.

Mais, je ne me décourageais pas.  J’avais une certaine crainte des couteaux,
surtout lorsque je plantais, et puis toujours ce manque de concentration et de
visualisation. Donc, Daniel m’a demandé de faire le patron du bonhomme sur
papier quadrillé. J’ai recommencé maintes et maintes fois avant d’arriver au bout
du dessin. Partie longue et ennuyante pour moi.  Pendant ce temps, Daniel regardait
pour trouver un tour un peu plus récent. Il en a trouvé un semblable à celui qu’il avait,
mais avec un mandrin, des couteaux semblables à ceux que nous avions et des pièces
en plus. Un excellent prix pour débuter. Puis ce fut au tour des outils « Easy Tools »,
outils pour me permettre d’apprivoiser les couteaux et d’acquérir une certaine
confiance en moi. Malgré tout j’arrivais encore à planter.

Le livre du centenaire maintenant terminé, j’avais plus de temps pour tourner.
J’ai commencé assidûment à visiter le tour. Puis un jour, Daniel m’a dit qu’il était
temps pour mon premier cours avec M. Dave Pott. Une journée très longue car
beaucoup d’assimilation. J’ai réappris à faire une toupie. Le lendemain du cours, super!
J’ai réussi à faire une première toupie. Le lendemain, un contretemps m’a empêchée
d’y aller et ce fut assez pour que mon cerveau se déprogramme encore une fois.
Après quelques toupies plus ou moins bien réussies, j’étais quand même fière de moi.
J’ai donc décidé de les apporter à la journée de l’ATBQ en avril dernier et c’est alors
qu’elles se sont retrouvées dans le concours. J’étais vraiment gênée de montrer ce
travail, surtout que le but était simplement de les montrer à Marc-André et à Dave,
rien de plus.

Malgré la difficulté que j’ai, je persiste et j’espère un jour pouvoir travailler sur un tour
à vitesse variable et avec une marche arrière. Je ne pense pas m’attaquer à des pièces
aussi belles que celles que j’ai pu voir lors du concours. Certaines personnes ont de la
facilité, ce qui ne semble pas mon cas. Mais je n’abandonnerai pas, et qui sait peut-être
qu’un jour je deviendrai aussi bonne que vous les membres.

Voilà le parcours de mon arrivée dans l’ATBQ.

Ginette Lachapelle (Le Raton Bricoleur)