Je désire  par ce témoignage vous faire part d’un évènement qui a suscité plein d’émotion à moi et
mes collègues.

Ce dimanche, le 27 mai 2012, la ville de Sherbrooke (arrondissement Rock-Forest pour ceux qui
connaissent la région) organisait une Journée de la Famille et à cette occasion, les Amis Tourneurs
de l’Estrie dont je fais partie, ont été invités à effectuer des démonstrations de tournage. Nous étions
trois: Luc Ducharme, Roger De Grandmont et moi même.
Roger avait pour l’occasion réalisé une cinquantaine de petites toupies que l’on remettait gratuitement
aux jeunes qui s’arrêtaient à notre kiosque. De plus, nous en tournions pour fin de démonstration et
souvent les jeunes préféraient celles tournées pour la démonstration.
Les jeunes et moins jeunes, démontraient plein d’intérêt pour ces démonstrations et les toupies
s’envolaient très rapidement, de sorte qu’en milieu d’après-midi, la réserve était à sec et seules les
toupies réalisées en démonstration étaient disponibles pour les jeunes. Ces derniers se plaçaient
en ligne pour attendre la réalisation de leur toupie.
Voilà qu’un couple avec deux enfants, un garçon d’une dizaine d’années et sa petite sœur un peu
plus jeune s’étaient placés dans la ligne d’attente, le garçon étant le premier. Il regardait très attentivement
la réalisation de sa toupie et avait même choisi les couleurs pour la décoration. Soudain, le tour s’arrêta
et ne voulait plus repartir. Luc dût terminer la toupie à la main. Il la remit au petit garçon qui était tout ravi.
Mais sa petite sœur, elle était toute désemparée et pleurait. Luc fit plusieurs vérifications, mais peine perdue,
impossible de repartir le tour.

Pendant ce temps, je me suis approché des parents pour leur offrir nos excuses et tout en discutant avec eux,
la mère la voix remplie d’émotion, me chuchota à l’oreille que demain matin (lundi) la petite allait subir une
importante opération à l’hôpital Ste-Justine. C’est alors que je compris l’importance qu’avait une petite toupie
pour cette jeune fille. Je m’empressai de consulter Roger pour qu’il vérifie s’il n’y en aurait pas une d’égarée
dans les sacs et je suis retourné auprès des parents. Luc et moi leur offrirent de passer chez l’un ou l’autre et
nous leur en remettrions une avec plaisir. Mais voilà que Roger se présenta avec non pas une toupie, mais un
petit kaléidoscope qu’il avait réalisé pour la vente et le remit à la jeune fille qui retrouva un certain sourire.
Mais vous connaissez les jeunes!!! J’ai pu déceler chez la jeune fille le désir d’avoir sa toupie. C’est alors que
j’ai demandé au père de me donner son adresse et que j’irais leur porter quelques toupies. Il me griffonna son
adresse sur un bout de papier, mais insista pour dire que cela n’était pas nécessaire.

Est-il besoin de vous dire que l’émotion était forte et que j’avais hâte que l’activité prenne fin.

Une fois rendu chez moi, je m’empressai de cueillir trois toupies parmi celles réalisées pour l’opération enfants
soleil et me mis en route pour livrer le tout. Après un trajet de 22 km, je me présentais à la résidence du couple
et après deux sonneries, la mère ouvrit lentement la porte et en me voyant se mit à sangloter pendant que je lui
remettais les trois toupies…….. C’est pas vrai, ce n’était pas nécessaire me dit-elle, la voix remplie d’émotion.
Elle me dit que la petite (Léa) était à prendre son bain et elle lui cria très fort: Léa le monsieur est venu te porter
trois toupies.

Et la voix à nouveau remplie d’émotion, elle me dit que Léa avait perdu son seul papy l’hiver dernier et qu’elle
était très attachée à ce dernier. Elle ajouta que cet après-midi après que Roger eut remis son kaléidoscope à Léa
elle lui chuchota : tu vois Léa tu en as encore des bons Papys.

C’est avec la gorge serrée que je pris congé après avoir souhaité la meilleure des chances à la petite Léa.

Pendant le trajet de retour je me suis rappelé les nombreuses interventions de Lance Archambault concernant le
plaisir qu’il avait à réaliser des toupies lors d’évènements genre levée de fonds pour des organismes de bienfaisance.

Bertrand Lisée